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La semence paysanne, c’est quoi ?

La semence paysanne est simplement la semence dont se servent les agriculteurs depuis que l’agriculture existe. C’est la semence qui provient de la récolte et qui est utilisée l’année suivante. L’agriculteur, au cours des millénaires, et sur tout le globe, a su sélectionner les graines des plus belles parcelles de blé, des plus beaux épis de céréales, des plus beaux légumes ou des plus beaux fruits.

En semant ces graines, le paysan a participé au cours des siècles à la sélection naturelle de la majorité des plantes qui servent pour notre alimentation aujourd’hui, et ce dans les pays du monde entier.

Quel rôle ont joué les semenciers ?

Au XIXème siècle, les semenciers mettent en place un catalogue de leurs propres semences, soit disant de meilleure qualité et offrant une meilleure sécurité pour l’agriculteur. Il s’agit en fait d’un brevet sur le vivant déguisé. Ils contraignent les états à légiférer, et à interdire la commercialisation de toute autre semence que celles du catalogue officiel. Leur but est d’asseoir leur suprématie, et d’en tirer des bénéfices considérables. Les paysans sont alors obligés d’acheter les semences sur un catalogue précis, alors qu’elles étaient auparavant gratuites. Ce catalogue uniformise les productions, quelques soient les pays, les terroirs spécifiques. Il empêche ainsi la biodiversité, l’adaptabilité des plantes sur des sols et des climats différents.

La riposte s’organise très tôt chez les agriculteurs

Pour contrer cette hégémonie des semenciers, les paysans ont créé des réseaux de « Semences Paysannes », préservant ainsi des variétés très anciennes qu’ils remettent en culture. Ils sont alors entrés dans l’illégalité, car il est interdit de faire commerce à titre onéreux ou gratuit des semences hors catalogue. En revanche, les légumes ou récoltes issues de ces semences interdites, dites paysannes, peuvent être commercialisés en toute légalité. Allez comprendre la logique de cette loi aberrante, hormis la logique du lobbying des semenciers.

Et Carrefour dans tout ça...

C’est dans ce créneau que s’est positionné Carrefour. Ses communicants ont su utiliser les éléments de langage pour nous faire croire qu’ils étaient sensibles à la biodiversité (surtout celle de leur portefeuille). Ils espèrent relancer le débat sur les Semences Paysannes interdites, alors que tous les collectifs d’agriculteurs qui défendent cette cause n’arrivent pas à faire entendre leur voix devant les états sourds depuis des décennies. C’est surtout et avant tout un sacré coup de pub pour Carrefour. Pub qui est d’ailleurs ambiguë, voire mensongère, car rien n’interdit de vendre les « légumes interdits », mais uniquement les semences de ces légumes.

Ne nous leurrons pas

Carrefour ferait alors bien de balayer devant sa porte et de vendre « tous les légumes », y compris ceux qui sortent des standards parce qu’ils sont déformés, ou pas au calibre, ou pas à la couleur. Ceci participerait à la lutte contre le gaspillage alimentaire car seulement 30 % des fruits et légumes produits sont achetés par les centrales d’achats. Donc rien ne nous sert de nous précipiter chez cette enseigne, alors que notre marché local nous offre mille légumes aux mille saveurs incomparables.

 

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